Délégationde Meurthe-et-Moselle

Mission au Bangladesh

Rencontre au cœur des bidonvilles

Dans les bidonvilles de Dhaka s’entrecroisent de nombreuses personnes exclues de la société. Migrants ruraux, prostituées, toxicomanes sont soutenus par les travailleurs sociaux de Caritas Bangladesh pour que renaissent l’espoir et la solidarité.

Les femmes membres d'un groupe social rencontré à Dhaka.

publié en mars 2015

Lundi 16 mars 2015, Savar, Dhaka

Dhaka est une ville foisonnante dont les rues voient s’entrecroiser des camions surchargés de matériaux divers et des bus bondés, aux carrosseries déchiquetées. Les rickshaws [1], les vélos et les motos louvoient au milieu de la circulation et d’une foule de piétons de tous âges qui se frayent un chemin en bravant le danger… C’est aussi une ville où le luxe de grands magasins et la sérénité de parcs ombragés et fleuris côtoient la plus extrême pauvreté.

C’est dans le quartier de Savar, un des bidonvilles habités par les travailleurs du textile, que nous avons rendez-vous pour le programme de cette journée avec l’équipe de Caritas.

Le déracinement

Poussées par la misère, les communautés des zones rurales migrent vers Dhaka où se concentrent les grandes entreprises de l’industrie textile. Confrontés au choc du mode de vie urbain, les migrants rencontrent des difficultés qu’ils n’avaient pas imaginées : l’espoir d’être embauché est parfois déçu et la réalité de la grande ville les rattrape avec son lot de violences.

Pour ces personnes déracinées, Caritas Bangladesh a mis en place des « groupes sociaux », qui dans un premier temps leur permettent de se retrouver et de s’épauler. Ce sont aussi des lieux où des séances de sensibilisation concernant la santé, l’éducation, la défense des droits des ouvriers sont dispensées. Le groupe social rencontré, constitué de femmes, a témoigné de l’utilité d’une telle solidarité lorsque l’on se sent isolé, loin de son village d’origine.

Une équipe à l’écoute des plus exclus

À destination des mamans ouvrières du textile, six crèches d’une capacité d’accueil de vingt enfants ont été ouvertes par Caritas Bangladesh. Des jardinières d’enfants, formées, sont attentives au bien-être et à l’éveil des petits qu’elles accueillent entre les âges de 1 an et 5 ans. Certaines mamans qui ont été elles aussi formées peuvent accueillir jusqu’à cinq enfants à domicile et bénéficient alors d’un petit salaire.

Par ailleurs, des éducateurs de rue vont à la rencontre de jeunes toxicomanes et mènent un patient travail d’approche pour les inciter à venir dans un centre d’accueil. Leur sont proposés un soutien, des conseils sanitaires, parfois une aide alimentaire. Ceux qui souhaitent entamer une démarche de désintoxication sont dirigés vers un autre centre plus spécialisé.

Enfin, Caritas Bangladesh fait face aux besoins des personnes qui se prostituent. Débarquées de leur campagne, elles se retrouvent souvent dans cette situation après avoir été victimes d’une agression sexuelle commise par un intermédiaire qui leur promettait une embauche en ville. Caritas Bangladesh les accueille sans jugement et leur procure un lieu sûr pour se reposer, bénéficier d’écoute et de soins.

« Il faut d’abord leur redonner la certitude qu’elles seront ici considérées comme des êtres humains », dit Ranjon Rozario, le directeur régional, responsable de l’ensemble des programmes.

Ensuite, si ces personnes le souhaitent, un autre chemin s’ouvrira devant elles, avec la possibilité d’apprendre la couture et de se mettre à leur compte, avec un petit capital de départ, et une aide à la gestion.

Une leçon d’humilité

À l’issue de nos échanges avec les équipes de Caritas Bangladesh, nous retenons la patience nécessaire au travail d’accompagnement. En dehors de toute recherche de solution rapide, les éducateurs prennent le temps de cheminer aux côtés des personnes en difficulté. Ils les accompagnent dans une posture respectueuse de leur situation et du rythme nécessaire à un changement de vie.

[1] Véhicule tricycle utilisé pour le transport.

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