Délégationde Meurthe-et-Moselle

Pauvreté et préjugés

Rapport statistique 2017

À l’occasion de la publication de son rapport statistique 2017, le Secours Catholique-Caritas France dénonce les préjugés qui frappent les personnes vivant la pauvreté et la précarité. En voici quelques illustrations en Meurthe-et-Moselle.

Rapport statistique 2017 du Secours Catholique

publié en novembre 2017

Les équipes du Secours Catholique en Meurthe-et-Moselle ont rencontré 4 264 ménages en 2016, ce qui représente environ 13 000 personnes.

Parmi elles, nombreuses sont celles qui sont en butte à des préjugés dont l’effet est d’autant plus dévastateur qu’ils semblent tout à fait anodins. Dévastateurs car ils contribuent à la perte de confiance des personnes et nuisent à l’évolution de notre société vers plus de justice et de fraternité. Anodins car la plupart de ces préjugés sont pris pour des vérités par au moins la moitié des Français.

Nous vous proposons d’en examiner trois brièvement. Vous pourrez retrouver des éléments complémentaires dans le dossier de presse départemental. D’autres préjugés sont analysés en profondeur dans le rapport national.

Préjugé 1 : « Les pauvres font des enfants pour toucher les allocations familiales »

60 % des ménages accueillis en 2016 sont des familles avec enfants : couples ou parents isolés. Ils sont plus souvent déjà connus de nos équipes que les ménages sans enfants, ce qui est signe d’une pauvreté plus durable. Des études réalisées sur les budgets réels des familles montrent que les allocations familiales sont très loin de compenser le coût d’un enfant.

Préjugé 2 : « Les étrangers viennent profiter de la générosité du système social français »

Parmi les personnes accueillies en 2016, 46 % des Français vivent avec moins de 600 € par mois (pour une personne seule) alors que c’est le cas de 86 % des étrangers. 56 % de ces derniers n’ont pas le droit de travailler et sont donc maintenus de fait dans une situation de grande précarité.

« Quand j’ai fui la guerre dans mon pays, je ne savais même pas dans quel pays je m’arrêterais et si j’aurais droit à quelque chose », entendons-nous souvent dans les accueils du Secours Catholique.

Préjugé 3 : « Si on cherche du travail, on trouve »

Les chômeurs accueillis en 2016 le sont depuis plus d’un an pour 42 % d’entre eux alors que seulement 37 % le sont depuis moins de six mois. Le chômage de longue durée est un fléau qui mine les familles et ce préjugé les culpabilise encore davantage alors qu’on sait qu’il y a au moins 10 fois plus de chômeurs que d’emplois non pourvus en France.

De plus, lorsque un emploi est trouvé, nombreux sont ceux qui doivent faire face à de grosses difficultés de mobilité. C’est ainsi que 90 % des microcrédits accordés par notre équipe spécialisée sont liés à l’achat d’un véhicule pour accéder à l’emploi.

>> Téléchargez notre dossier de presse

>> Découvrez le dossier national sur les préjugés envers les pauvres

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