Délégationde Meurthe-et-Moselle

Mission au Bangladesh

Les maisons à bas coûts

À la suite des derniers cyclones, Caritas a développé un modèle de maison facile à transposer pour toutes les familles dont l’habitat a été détruit. Découvrons ce projet, et profitons-en pour découvrir quelques caractéristiques du mode de vie des familles rurales.

Krishna Das, son épouse et un de leurs fils.

publié en mars 2015

Jeudi 19 mars 2015, Nachnapura, Kalapara

Le supercyclone Sidr a détruit des maisons en très grand nombre. Plutôt que de fournir des maisons standards comme cela était le cas jusque-là, Caritas a entrepris de mettre au point avec les habitants un modèle à la fois résistant aux cyclones, à coût modeste et adaptable aux cultures locales des personnes concernées.

Une maison facile à (re)construire

Cette étude, menée avec le soutien de CRAterre, ONG française, et du Secours Catholique-Caritas France, a abouti à un modèle à base de poteaux en béton armé de 15 cm de côté, avec une charpente en bois sur laquelle sont solidement fixées des tôles. Selon les régions, les parois sont légères en tressage de bambou (dans le sud du pays), en torchis ou en terre crue (dans le nord et dans l’ouest).

Les premières maisons ne comportaient qu’une grande pièce avec huit poteaux support. Les habitants ont demandé qu’on y ajoute un appentis ouvert sur l’extérieur, dispositif qui est important pour leur mode de vie traditionnel, et permettant de cuisiner, de stocker, éventuellement d’abriter des animaux. Le nouveau modèle comporte donc douze poteaux. Le sol est en terre battue. Lors de la reconstruction, les matériaux de base ont été fournis par Caritas et le montage a été réalisé par les habitants. Par la suite, l’entretien et la réparation sont à la charge des habitants.

Mille maisons de ce type ont été construites par Caritas.

Rencontres

Nous avons visité deux de ces maisons au bord du fleuve à Nachnapura, près de Kalapara. La première est habitée par Smriti, sa femme Purno Bisooas et leurs deux enfants. Elle fabrique des chips, lui les vend aux bus de passage. Ils gagnent 150 takas soit moins de 2 € par jour.

Dans l’autre maison vivent Krishna Das, son épouse, deux enfants et sa mère. Lui est barbier et sa mère travaille dans un hôtel, c’est elle qui paye le loyer du terrain au gouvernement. En effet, le terrain est public et il est loué à l’année à un coût modeste. Cependant l’emplacement est précaire et peut être réclamé à tout moment par les autorités locales.

Des habitations diversifiées

À l’occasion de ces visites, nous vous invitons à découvrir le quotidien de ces familles avec quelques photos (voir portfolio). Une constante, le réchaud traditionnel est en terre, parfois construit, parfois creusé à même le sol. Il se trouve sous un appentis s’il y en a un, d’autres fois le réchaud est dehors. Les familles plus riches en ont un double. Il fonctionne au bois, aux feuilles sèches, à la bouse séchée… Pendant la saison sèche, on stocke du carburant pour la saison des pluies.

Selon les communautés, la disposition des maisons est variable. Les maisons que nous avons visitées ce jour sont surélevées grâce à un socle en argile. Pendant la saison des pluies, ce socle devient humide mais reste assez stable. En revanche tout l’environnement devient glissant ! Chez les Rakhaines, les maisons sont sur pilotis, avec un plancher en bois. Le dessous de la maison est alors utilisé, par exemple pour manger, et le réchaud est creusé juste à côté.

La plupart des maisons ont un toit en tôle ondulée. Les toits en paille de riz ou en autres matériaux naturels, comme les feuilles tressées de palmier, sont plus frais mais doivent être refaits tous les ans !

Chez les familles pauvres, les maisons sont petites avec une pièce, éventuellement deux, et toute la famille se partage cet espace. Les familles rakhaines ne comptent généralement que deux enfants, alors que les Bengalis musulmans en ont davantage.

L’eau courante n’existe quasiment nulle part dans le pays, à part dans les villes et dans quelques constructions bien équipées. Beaucoup de villages ont l’électricité, mais s’ils sont loin du réseau, elle leur est fournie par des capteurs photovoltaïques disposés sur chaque maison. Contraste étonnant de ces cellules disposées sur certains toits de chaume !

Installation souvent précaire, et pourtant pleine de signes de vie, de photos, de référence à la religion… Même les plus pauvres des Bangladeshis sont heureux de vivre : la vie est un cadeau du ciel !

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Portfolio