Délégationde Meurthe-et-Moselle

La misère est violence

Témoignage lors de la journée mondiale du refus de la misère

Le 17 octobre, Journée mondiale du refus de la misère, le Secours Catholique a témoigné à Nancy, aux côtés de nombreuses autres associations. Pour que le public entende la violence qu’est la misère.

Journée mondiale du refus de la misère, le 17 octobre 2012.

Notre société est violente, et plus encore envers les personnes qui n’ont pas de « matelas » pour s’en protéger : matelas financier, matelas psychologique, ou bien matelas de l’éducation.

Or la violence appelle la violence. Pour construire une société plus juste et plus fraternelle, les personnes en difficulté ont besoin de construire ou reconstruire leurs « matelas », afin de ne pas être entraînées à répondre par la violence à la violence de cette société. C’est l’un des objectifs du Secours Catholique.

Mais :
- Comment répondre lorsque, étant au chômage, vous cherchez une formation et que l’on vous répond : « restez chez vous et attendez votre chèque » ?
- Comment répondre lorsque votre fournisseur de gaz essaie de vous prélever une facture égale à cinq fois vos ressources ? Il sait que vous êtes en situation de précarité, car il vous a admis au tarif de première nécessité. Comme la facture n’est pas honorée, il vous menace de vous couper le gaz. C’était une erreur, bien sûr, mais il a fallu plus d’un an pour le faire reconnaître et remettre tout en place.

Voici ce que dit de sa vie Anne-Marie :

« La pauvreté de la vie m’a fait subir les pires insultes, les harcèlements, les calomnies, les diffamations.

Ma condition de femme de détenu a aussi engendré des insultes ; tout cela réuni, cela fait trop.

Ne pas pouvoir manger un peu à sa faim, avoir froid, être démunie de tout, se sentir au fond du gouffre, essayer de surnager, ne pas être sûre de faire partie de ce monde le lendemain, j’avoue que moi aussi j’ai eu la haine, la violence en moi, l’envie de tout casser, l’envie de voler simplement pour survivre, seulement pour nourrir un peu mon corps, manger simplement un bout de pain même dur, fouiller dans les poubelles ; une question de survie, et se faire insulter de cloche, d’animal malsain… Je n’ai pas cédé à la violence et pourtant quelle violence ai-je ressentie devant toute la nourriture gâchée !

Je prie Dieu de ne jamais céder à la haine, comme d’autres je suis marquée au fer rouge.

La misère, la misère s’accroche à nous comme la chienlit dans un champ ».

Alain

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