Délégationde Meurthe-et-Moselle

Mission au Bangladesh

Développer, c’est d’abord former

De l’école primaire à l’enseignement professionnel, Caritas est présent dans le domaine de l’enseignement, depuis quarante ans. Cet engagement s’inscrit dans sa vision : l’éducation est la clef de v0ûte d’un développement humain soutenable. Découvrons les différentes formules développées par l’institution.

Accueil en chanson à l'école de Kalapara.

publié en mars 2015

Mercredi 18 mars 2015, Kalapara

À l’école du village

Au fil des jours, nous avons visité plusieurs écoles de niveau primaire, installées dans des villages. Elles accueillent les enfants parfois à partir de 4 ans, le plus souvent à partir de 6 ans et jusqu’à 11 ans. Il y a bien peu d’enseignants pour le nombre d’élèves : à Kalapara, 104 élèves nous ont accueillis, mais l’école comptait trois enseignants et trois salles de classe, pour sept niveaux. La moitié des élèves viennent donc le matin, l’autre l’après-midi.

Des écoles primaires en nombre insuffisant

C’est ainsi que l’on découvre que la couverture du territoire en enseignement public est trop faible, ce qui amène des acteurs associatifs à s’y impliquer. La plupart des écoles associatives sont agréées par l’administration et perçoivent une petite part du salaire des enseignants.

Caritas, par le biais de son projet Aloghar, a monté 1 005 écoles primaires qui fonctionnent en étroite liaison avec des comités locaux où les femmes sont très impliquées. Ce projet, financé par le Secours Catholique-Caritas France et l’Union européenne, permet de scolariser 160 000 élèves, essentiellement issus de minorités discriminées, dont 1 500 enfants handicapés.

Des formations mobiles

Nous avons également visité plusieurs centres de formation professionnelle, organisés selon des modalités et des durées de cursus très différentes. Ces centres sont portés conjointement par la direction régionale de Caritas et par MAWTS, visitée le 12 mars [1].

Près d’Agailjhara, nous avions visité un centre dispensant une formation de trois mois à la couture-broderie [2]. À Kalapara, ce sont des formations de six mois qui sont actuellement en cours : couture-broderie d’une part, mécanique et énergie solaire d’autre part. Nous y avons rencontré des stagiaires de tous âges, ceux-ci étant choisis par la communauté selon l’urgence de leur situation. Ils sortent de ces formations avec un certificat reconnu par les entreprises, et certains se mettent à leur compte.

Le lieu retenu pour la formation a tenu compte de la demande des communautés environnantes et de la présence de débouchés sur le marché local de Kalapara. À la fin de cette formation, tous les équipements ainsi que le personnel pédagogique déménageront sur un autre site.

Un centre permanent

Un centre permanent de formation se trouve à Bakerganj, au sud de Barisal. Il en existe un semblable dans chacune des régions du pays [3]. Nous y avons découvert, intimement liées, une activité de formation et une activité de production qui permet d’autofinancer pour moitié l’activité du centre.

Plusieurs disciplines sont proposées : couture-broderie, mécanique auto-moto, soudure-serrurerie, électricité-climatisation. Des cours de gestion de l’entreprise sont aussi dispensés pour faciliter l’installation à leur compte des stagiaires qui le souhaitent. Dans ce cas, l’institution peut consentir un prêt sans intérêt à ceux qui en ont besoin.

Les stagiaires sont internes et viennent de toute la région. Ils payent moins de 10 % du coût de la formation, le reste est pris en charge par Caritas. Un terrain attenant vise à permettre l’autosuffisance en légumes, fruits et poissons.

La production des ateliers est vendue à l’extérieur. Nous avons vu les stocks destinés à répondre à des commandes spéciales pour la construction et la rénovation des abris anticycloniques. Le centre assure également la réparation en auto-moto et réfrigération. Les produits et service y sont semble-t-il réputés pour leur qualité !

Environ 85 % des stagiaires trouvent un emploi dans l’année suivant la formation : quelques-uns travaillent à leur compte, la plupart sont salariés.

Caritas a donc développé des réponses multiples, en s’adaptant le plus possible aux différents besoins, et toujours en mobilisant les communautés locales pour la construction des projets, l’identification des personnes ayant besoin de formation, etc. Même si elles ont une ampleur limitée, ces initiatives sont un succès car elles répondent aux besoins croissants en main-d’œuvre qualifiée de ce pays en plein développement.

[1] Sur les écoles du projet MAWTS (Mirpur Agricultural Workshop and Training School), voir cet article.

[2] Voir cet article.

[3] Les régions sont appelées « divisions », et portent le nom de leur capitale. Dans le cas présent, il s’agit de la division de Barisal.

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